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Origine du carnaval, jour et dates importants

dimanche 19 février 2012, par Anne Pellet, Emmanuelle Artault, Fernando Amorim, Fiorenza Donella, Karine Delaire, Katrin Goldmann, Laurence Altibelli, Marianne Ellafaf, Youlia Nelioubina

Dossier carnaval

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Le carnaval est la période de festivités ayant lieu durant la saison qui précède le Carême. Le mot vient du latin médiéval carnelevare, qui signifie enlever ou retirer la viande (les catholiques ne mangeant pas de viande durant les quarante jours du Carême). Les manifestations les plus importantes du carnaval se déroulaient durant les « trois jours gras », c’est-à-dire pendant les trois jours précédant le mercredi des Cendres. Le Mardi gras est le dernier jour du carnaval, qui précède le carême. Le carnaval n’a pourtant pas toujours et exclusivement été une fête associée à la réligion et certains carnavals ont conservé jusqu’à ce jour un caractère païen : fêter la fin de l’hiver. Il est cependant certain que depuis le XIIe siècle l’Eglise fixa le carnaval à la période précédant le carême. Toutefois, d’un pays à l’autre, voire d’une région à l’autre la saison du carnaval ne commence pas le même jour...

 Dans les pays anglophones

Le carnaval est une fête essentiellement catholique, et en tant que telle, a rarement survécu à la Réforme en Grande Bretagne. Néanmoins des carnavals se sont maintenus dans certaines régions rurales (Somerset), ou bien sont apparus grâce à des populations issues de pays où cette tradition est encore vivante (Notting Hill). C’est également par le biais des immigrants (en l’occurrence français, donc catholiques) que la tradition du carnaval s’est installée dans certaines régions d’Amérique du Nord (Nouvelle-Orléans, Québec).

Le Festival d’Hiver de la ville de Québec
L’influence française se fait sentir à travers ce carnaval « à thème », qui se passe fin janvier. Né en 1894, et interrompu plusieurs fois pour cause de guerres, crises…, il renaît de ses cendres en 1954, par une volonté politique bien affirmée de développement économique.

La Nouvelle-Orléans
Ce carnaval, l’un des plus célèbres au monde, remonte à la colonisation française de cette région. Il en est fait mention dès 1699, et la tradition de bals costumés est une coutume bien établie au 18ème siècle. Ses racines religieuses sont claires : il commence le Jour des Rois et dure deux semaines. Les défilés sont quotidiens, et la fête culmine le jour du « Mardi Gras » (le nom est resté en américain) par le grand défilé et le « Meeting of the Courts » (où le Roi et la Reine du Carnaval rencontrent le Roi et la Reine de la société de Comus).
New Orleans

Les carnavals du Somerset
Cette région rurale du sud de l’Angleterre a conservé toute une tradition de carnavals qui se déroulent entre août et novembre. Cette tradition remonte à plusieurs siècles, mais la date des fêtes montre bien que l’élément religieux en est aujourd’hui absent.
Somerset carnivals

Le Carnaval de Notting Hill
Il a lieu chaque année, le dernier week-end du mois d’août.
C’est en 1964 que le premier carnaval de Notting Hill a lieu, après de violentes émeutes raciales. Il s’agissait pour les immigrés des Caraïbes (surtout originaires de Tobaggo et Trinidad) de rapprocher par la fête les diverses communautés de ce quartier défavorisé de Londres.
Notting Hill carnival

Le carnaval de Tobago et Trinidad
Le carnaval de Trinidad et Tobago s’est nourri de nombreuses influences au cours des siècles : les colons espagnols et français, les planteurs français, les esclaves africains, les travailleurs indiens ainsi que tous les autres groupes ethniques qui se sont installés là-bas. C’est en observant leurs maîtres français pendant la période festive qui se situait entre Noël et le début du Carême, que les esclaves, tenus à l’écart des festivités, ont imité leurs mascarades en y incluant leurs propres rituels et leur folklore. Une fois les esclaves libérés en 1838, le carnaval est devenu un moyen de transmettre leur héritage culturel. Dès lors, le carnaval fut célébré 2 jours avant le mercredi des cendres qui marque le début du jeûne dans la tradition chrétienne, les 15 et 16 février, pour l’année 2010. Le carnaval de Trinidad et Tobago est particulièrement réputé pour ses somptueux costumes mais également pour être le berceau du calypso (style de musique) et du « steel pan » (instrument de musique).
Trinidad and Tobago carnival

 Dans les pays germanophones

Trois grands centres de la tradition carnavalesque existent :

  • le carnaval rhénan “Karneval qui débute le 11.11. à 11h11 et qui se termine le mercredi des cendres. Cependant cette date marque le début des préparatifs - on se déguise bien sûr aussi le 11 novembre pour marquer le coup - alors que les festivités officielles ne commencent que le 7 janvier !
  • le carnaval de Bavière, “Fasching” , qui débute le 7.1. et se termine également le mercredi des cendres
  • le carneval alémanique, “Fastnacht” , il concerne la Forêt-Noire et la région de Bâle. Le carnaval de Bâle p.ex. se déroule en 2007 du 26 au 28 février.

En Allemagne, cette période du carnaval s’appelle également la cinquième saison (die fünfte Jahreszeit).
Le carnaval de Bavière est celui qui respecte le plus l’aspect religieux catholique en commençant le lendemain de l’Epiphanie et en se terminant avec le Carême. L’intérêt premier consistait donc au Moyen-Âge à bien se défouler et à bien manger avant de commencer le jeûne de 40 jours jusqu’à Pâques. Des folies étaient permises, et l’Eglise fermait volontairement les yeux sur les débordements pas toujours très catholiques...
Mais pourquoi le carnaval rhénan débute-t-il le 11 novembre à 11h11 ? Plusieurs théories sur l’origine de cette date existent et co-habitent.

  • 11 est le chiffre considéré depuis le Moyen-Âge comme le chiffre le plus « fou » si on peut dire cela (närrische Zahl) parce que c’est un de plus que les 10 commandements et un de moins que les 12 apôtres. Avec le chiffre 11, on transgresse les 10 commandements. Encore actuellement, le comité carnaval est composé de 11 fous (Elferrat = conseil des 11).
  • Cette date du 11.11. a été fixée au 19ième siècle seulement. La région rhénane subit d’abord l’occupation française avec les troupes révolutionnaires et plus tard Napoléon, puis l’occupation prussienne. 11 se dit elf en allemand et ces trois lettres rappellent le principe de la Révolution : égalité, liberté, fraternité. Il s’agissait donc de se défouler en se moquant des occupants français.
  • Le carnaval de Bâle se déroule après le début du Carême parce qu’il a conservé davantage de tradition païenne, c’est-à-dire on veut chasser l’hiver. Une autre explication serait que suite à un déplacement du Carême de six jours au XIième siècle, le début de la période de jeûne fut déplacé à la date connue aujourd’hui. Certaines régions auraient conservé les anciennes dates.

Les six jours fous de la semaine du carnaval :
La véritable fête commence le jeudi avant le mercredi des cendres pour battre son plein le lundi ou le mardi, selon les régions. Chaque jour porte un nom spécifique.

  • jeudi gras : schmutziger / schmotziger Donnerstag (Schmotz = Fett - gras), fetter Donnerstag (jeudi gras), unsinniger Donnerstag (jeudi fou) et surtout le jour du Weiberfastnacht / Weiberfasching (carnarval des femmes)
  • vendredi : Rußfreitag (Ruß = la suie)
  • samedi : Schmalzsamstag (Schmalz = la graisse) ou Nelkensamstag (Nelke = œillet ) ; tradtionnellement le jour où l’on fabrique les Faschingskrapfen (beignets de carnaval).
  • dimanche : Herrenfastnacht, Priesterfastnacht, Pfaffenfastnacht (carnaval des maîtres ou des curés) ou encore Tulpensonntag (Tulpe = tulipe) ; jour où l’on mange les beignets fabriqués la veille.
  • lundi : Bauernfastnacht (carnaval des paysans) ou Rosenmontag. Il n’y a pas d’unanimité sur l’origine de ce Rosenmontag. Certains prétendent que cela vient d’une tradition du Moyen-Âge où le pape transmettait à une personne une rose dorée comme distinction honorifique le quatrième dimanche du Carême. D’autres disent que cela trouve son origine dans le verbe rasen (aller à toute allure) et que l’on disait d’abord rasender Montag.

Des témoignages audio sur le carnaval selon les régions

Liens :

 Dans les pays hispanophones

La saison des carnavals en Espagne commence en février, juste avant le début du Carême.

Les origines du carnaval de Cadix sont assez curieuses, car elles remontent au XVIème siècle, quand Cadix était l’un des ports les plus importants de l’empire espagnol et recevait des influences des quatre coins du monde. La ville entretenait notamment de nombreux liens commerciaux avec Venise, dont certaines traditions ont été copiées et ont connu une évolution telle que le carnaval de Cadix compte parmi ceux ayant la personnalité la plus marquée. Sa durée officielle est de 10 jours, mais les festivités s’étalent en réalité sur un mois. Il a été reconnu d’« Intérêt touristique international ».

A Ténérife, où les festivités ressemblent davantage à celles du Brésil, les impressionnants costumes et l’usage des tissus très colorés ont pour origine la culture africaine puisque les Iles Canaries se trouvent plus près de l’Afrique que du territoire espagnol.

- Le Carnaval de Barranquilla, déclaré par l’UNESCO comme le Chef d’œuvre du Patrimoine Oral et Intangible de l’Humanité, est la date la plus attendue de l’année par les Colombiens. Il commence quatre jours avant le Mercredi des Cendres, avec son point culminant le samedi durant la fameuse Bataille des Fleurs, une bataille où les Colombiens s’affrontent avec des fleurs dans la joie, la couleur, la beauté et la paix.

Le Carnaval de Barranquilla est le meilleur exemple de la triple fusion culturelle (européenne, africaine et indigène), qui combine les festivités catholiques amenées par les Conquistadors espagnols avec les cérémonies aborigènes et l’héritage musical des esclaves africains pour se transformer en une énorme fête populaire.

Liens :

 En Russie

Le déguisement – riazhenié – fait partie intégrante de toutes les fêtes d’origine païenne liées aux changements de saisons. La première d’entre elles marque le début de l’hiver – sviatki, la seconde – maslenitsa – la fin de l’hiver et le début du printemps. Les deux célébrations estivales obéissent moins à cette règle. La coutume de riazhenié est pour la première fois mentionnée dans les écrits au XII siècle. Elle y est condamnée par la religion car ceux qui se déguisent perdent leur apparence humaine créée par Dieu et se rapprochent donc du malin.

Les costumes représentaient le plus souvent des animaux (l’ours, le cheval, le bouc, la cigogne), des personnages « d’outre-tombe » ou maléfiques (la mort, le défunt, la sorcière, l’esprit des forêts, l’ondine), des « étrangers » : représentants d’autres groupes ethniques, sociaux ou professionnels (le tsigane, l’Allemand, le Turc, le soldat, le noble, le mendiant, le vagabond), parfois des saints ou des anges.
Les costumes étaient souvent effrayants, étranges, parfois drôles mais rompant toujours avec la norme, l’habitude ; ils devaient surprendre.

On considérait le riazhenié comme un acte dangereux, un pêché. Seuls les hommes mettaient des masques terrifiants des esprits maléfiques ou se déguisaient en défunts. D’ailleurs, ce personnage était souvent désigné par tirage au sort. Après la fête, tous les participants ayant porté un masque devaient se purifier à l’église.

Les groupes de riazhenyé traversaient le village, rentraient dans les maisons, vérifiaient que tout avait été préparé pour la fête, improvisaient des saynètes et chahutaient quelque peu les passants sur leur chemin.

 Au Brésil

Le carnaval de Rio est sans conteste une des fêtes les plus populaires au Brésil (avec la Saint Jean). Entre l’Épiphanie et le Carême, il dure les 4 jours qui précèdent le mercredi des Cendres. Il a lieu 40 jours avant Pâques, en fonction du calendrier catholique, du vendredi soir ou samedi au mardi gras.

A cette occasion, tout le pays est en fête mais les carnavals de Rio, São Paulo, Recife et Salvador de Bahia sont les plus renommés à l’étranger.

Le carnaval, du latin « carnis levare », c’est à dire « enlever, ôter la viande, la chair », a été introduit au Brésil par les colonisateurs portugais au XVI siècle à travers les célébrations de l’entrudo  : une fête archaïque célébrée au Portugal et remontant au Moyen Âge qui consistait en une série de distractions variables de village en village. Ces festivités marquaient l’entrée dans le Carême (en latin introitus, signifie entrée). L’un des divertissements préférés de la bourgeoisie brésilienne au XIX° siècle consistait à se jeter de l’eau parfumée. Cette coutume serait aujourd’hui à l’origine du lancer de confettis.

À la fin du XIXe siècle, de petits groupes appelés cordões (littéralement, les cordons, en quelque sorte les ancêtres des actuelles écoles de samba) déambulent dans les rues de la ville de Rio de Janeiro, tout en dansant et en jouant de la musique. « Ô Abre Alas » (Chiquinha Gonzaga, 1899) serait la première chanson composée exclusivement pour le carnaval. Le titre est évocateur d’une scène du carnaval, ou un groupe de mascarados qui défile dans les rues essaie de se frayer un passage au milieu de la foule.

Depuis 1934 on choisit un homme bien en chair et jovial comme figure symbolique du carnaval : il devient alors Rei Momo.

 En Italie

La tradition du carnaval remonte aux traditions payennes et à l’époque romaine : les fêtes des « Saturnalia » et les fêtes en honneur du dieu Bacchus, pendant lesquelles on célébrait le culte de Proserpine. Ces fêtes marquaient le passage de l’hiver au printemps. Dans ce passage d’une saison à l’autre il ya avait une courte période pendant laquelle tout était permis, on pouvait renverser l’ordre des choses, porter des masques et des déguisements, chanter, danser, boire du vin à flots.

Le mot italien actuel Carnevale a eu une première version plus ancienne Carnasciale, qui dériverait du latin « carnis laxatio ». Ensuite « carnis levare » a donné le mot italien Carnevale. Carnaval est la période qui débute le 26 décembre, fête de Santo Stefano et qui précède Carême, la Quaresima, qui dans la tradition catholique est le jeun de 40 jours avant Pâques, la Pasqua, qui débute par le mercredi des Cendres, mercoledì delle Ceneri.

Les deux jours qui marquent l’apogée des fêtes de Carnaval sont le giovedì grasso et le martedì grasso : en général les enfants se déguisent pour aller à l’école, les plus grands participent à des fêtes masquées et on mange les gâteaux typiques de carnaval : le frittole vénitennes, le scorpelle, le chiacchere. Actuellement Carnevale est fêté partout en Italie, mais les fêtes les plus connues sont :
- le Carnaval de Venise
- le Carnaval de Viareggio et de Putignano
- Le Carnaval de Ivrea, Oristano
- Le Carnaval de Mamojada



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