De quelle manière fêtons-nous le Carnaval ? Traditions carnaval dans les pays anglophones, germanophones et hispanophones

, par Anne Pellet, Elisa Gy, Emmanuelle Artault, Fernando Amorim, Fiorenza Donella, Karine Delaire, Katrin Goldmann, Laurence Altibelli, Marianne Ellafaf, Youlia Nelioubina

Si nous retrouvons des éléments communs dans pratiquement tous les carnavals, il existe néanmoins des différences dans la façon de fêter ce moment.

Thèmes ou motifs communs


Cette fête est célébrée de manière relativement uniforme, en suivant des thèmes ou motifs communs déclinés selon les cultures locales :

  • Le défilé : tous les carnavals culminent lors de processions, souvent gigantesques, de chars décorés et de groupes de musiciens. C’est l’occasion de présenter à tous le travail acharné de toute une année, passée à répéter, coudre, concevoir, fabriquer…
  • Le déguisement : il s’agit pour chacun de paraître autre qu’il n’est ; cet aspect essentiel du carnaval est un écho de fêtes médiévales comme la Fête des Fous, célébrée fin Décembre, lors de laquelle maîtres et serviteurs échangeaient leurs rôles respectifs. Le déguisement permet aussi des « licences » vestimentaires impossibles dans d’autres fêtes. Vêtements très… légers, couleurs vives, plumes, paillettes : la sobriété n’est pas à l’ordre du jour !
  • La musique : elle fait partie intégrante des défilés, et se doit d’être bruyante et entraînante ; d’où le succès de la musique des Caraïbes au festival de Notting Hill.
  • Les sociétés de carnaval : un défilé représente une organisation longue et complexe, qui serait impossible sans le travail de bénévoles regroupés en sociétés (les célèbres « Krewes » de la Nouvelle-Orléans, les « carnival clubs » du Somerset…). Aucune improvisation dans ce qui apparaît pourtant comme une célébration de l’instant, du plaisir et de la spontanéité ! Ces sociétés ont aussi un rôle économique non négligeable grâce à la participation financière de leurs membres.
  • L’élection d’une Reine et d’un Roi du carnaval.

Un creuset culturel

Le carnaval est bien souvent l’occasion unique pour les différentes communautés d’une ville ou d’une région de se rencontrer dans un contexte festif et non-violent. Il permet parfois d’absorber les frictions trop importantes, comme à Notting Hill après 1965, et joue un rôle social essentiel, d’autant plus que nombre des traditions « locales » ont été en fait apportées par des populations immigrées. Le carnaval de Baranquilla est à l’image de la société multiculturelle colombienne en fusionnant les traditions festives des conquistadors espagnol, les cérémonies des indiens et l’héritage des esclaves noirs venus d’afrique.

Un espace de critique sociale

La décoration des chars et les déguisements permettent d’exprimer et d’affirmer toutes les formes de « différences » : sociale, politique, sexuelle même, mais toujours dans un esprit de tolérance et surtout par le biais de l’humour et de la caricature. On peut même dire que les défilés sont un vrai moyen d’expression politique. Ainsi le premier carnaval à la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina s’est fait l’écho des critiques sévères de la population quant à la gestion de cette crise. A Cadix, c’est dans les paroles des chansons des groupes qui s’affrontent que les auteurs placent leurs critiques sociales, repassant en général les actualités de l’année passée ou bien celles plus tenaces des problèmes séculaires.

Dans les pays anglophones

Le Festival d’Hiver de la ville de Québec
Il s’enorgueillit d’être le plus grand carnaval d’hiver du monde. Le personnage central est « Bonhomme », et les différents quartiers sont appelés des « bonhomries ». Toute une série d’activités hivernales sont offertes : courses de « canot », sculpture sur glace, ski, bain de neige…

La Nouvelle-Orléans
Les défilés sont quotidiens à partir du Jour des Rois, et la fête culmine le jour du « Mardi Gras » (le nom est resté en américain) par le grand défilé et le « Meeting of the Courts » (où le Roi et la Reine du Carnaval rencontrent le Roi et la Reine de la société de Comus).
Les sociétés de carnaval (« Krewes ») jouent un rôle très important ; la plus ancienne et la plus traditionnelle est la « Mistick Krewe of Comus », créée en 1857.
Les composantes originales de ce carnaval sont anciennes :
- les couleurs traditionnelles : violet, vert et or. Elles se retrouvent par exemple dans les couleurs de l’Université de Louisiane (violet et vert)
- les « throws » : ce sont des babioles lancées à la foule depuis les chars. Depuis les années soixante, il est d’usage de lancer des perles de verre de Tchécoslovaquie (remplacées aujourd’hui par des perles en plastique chinoises) ; on lance aussi des « Doublons » aux couleurs des Krewes, des tasses de plastique…
- le « King Cake » : cette tradition remonte à 1872. Il s’agit d’un gâteau tressé et recouvert d’un glaçage aux trois couleurs du carnaval. Une fève y est cachée.
- The Zulu Mardi-gras Coconut : la tradition de décorer une noix de coco est ancienne, mais depuis 1988 il est interdit d’en lancer depuis les chars !
Le carnaval de la Nouvelle-Orléans n’est cependant pas une forme rigide, et a évolué avec le temps. Ainsi pour des raisons de sécurité les plus grandes parades n’entrent plus dans le French Quarter depuis 1972. Des lois interdisent maintenant toute forme de commercialisation, et même le soutien de sponsors.

Les carnavals du Somerset
Le plus célèbre est sans conteste le Carnaval de Bridgwater, qui se vante d’être le plus grand carnaval illuminé du monde. Plus de 100 000 personnes y assistent chaque année.
Il présente une caractéristique intéressante de collusion entre deux traditions. En effet la fête du carnaval s’est trouvée depuis longtemps associée, par le biais des processions, feux d’artifice, feux de joie… aux célébrations de « Guy Fawkes Day ».

Le Carnaval de Notting Hill
Aujourd’hui, le carnaval de Notting Hill s’est étendu à d’autres quartiers de Londres, tout en gardant l’esprit de tolérance et d’ouverture de ses débuts. Il est bien sûr très influencé par la culture des Caraïbes, particulièrement par sa musique, comme le montrent les six « disciplines » représentées par les sociétés de carnaval :
- le « Mas » (=mascarade) : déguisements et chars
- les Steelbands
- la Calypso (musique avec un fort élément de satire politique et sociale)
- la Socca (musique traditionnelle du carnaval)
- la samba
Il fut marqué en 1973 par de violentes émeutes entre la police et certains groupes de festivaliers, ce qui faillit lui coûter la vie, de nombreux hommes politiques s’étant alors prononcés pour sa suppression.
Ce carnaval, suivi chaque année par plus de 2 millions de personnes, est sans conteste devenu l’un des plus importants au monde, sinon le plus important. Il est, malgré les risques de débordements, d’une certaine façon le « porte-parole » de tous ceux qui œuvrent pour une société britannique tolérante et ouverte à toutes les influences qui l’ont construite.

Dans les pays germanophones

Nous avons déjà nommé les différents jours de la semaine du carnaval. Regardons maintenant de plus près ce qui s’y passe...

Jeudi gras - Weiberfasching
Ce jour-là marque le début des festivités et défilés, il fait partie du carnaval rhénan tout comme du Fasching en Bavière et en Autriche. C’est le carnaval des femmes. Ce sont donc elles qui ont le pouvoir ! Ce jour-là, fait le bonheur des fabricants de cravates car les femmes coupent les cravates de tous les hommes qu’elles croisent, que ce soit au bureau ou dans la rue. Elles se promènent donc équipées de ciseaux et gare aux hommes qui ne jouent pas le jeu ! Mieux vaut ne pas sortir sa plus belle cravate car elles sont sans pitié !

Vendredi - Rußfreitag
Ce n’est pas compliqué, comme son nom l’indique, on avait pour coutume de se passer de la suie sur le visage, ou plutôt les fous s’en chargeaient. Aujourd’hui, cette coutume a été abandonnée.

Samedi - Schmalzsamstag, Faschingssamstag
Il n’y a pas de véritable tradition culinaire liée au carnaval, comme c’est le cas pour le repas de Noël par exemple. La seule spécialité qui se consomme à ce moment est le Faschingskrapfen , des beignets sucrés, à l’origine fabriqués ce jour-là pour être consommés le lendemain.

Dimanche - Herrenfastnacht
Il fut en temps où la haute société ne se mélangeait pas aux festivités du bas peuple. Les maîtres fêtaient leur carnaval alors le dimanche, les paysans le lendemain, le lundi.
Aujourd’hui, les villes comme Cologne font défiler les chars des établissements scolaires et des quartiers ce jour-là.

Lundi - Rosenmontag
Le jour le plus important du carnaval rhénan. De très grands défilés ont lieu à Düsseldorf, Mayence et Cologne qui se vante d’avoir le défilé le plus impressionnant de ces trois villes.
Le Rosenmontagszug de Cologne est long de 7 km et met quatre heures à effectuer le parcours. Il est composé d’une centaine de chars dits de "prestige", 87 tracteurs, 87 autres chars (chars à "bagage" qui transportent les sucreries ou autres accessoires qui seront lancés au public), plus de 10 000 personnes déguisées, 124 orchestres, 440 chevaux et 800 vigiles.
Pour les spectateurs, il est conseillé de se munir d’un petit sachet pour les 150 tonnes de friandises qui seront lancées pendant toute la durée du défilé.

Mardi gras - Faschingsdienstag
Un jour plus calme en Rhénanie alors que c’est maintenant que la fête bat son plein à Munich mais pas sous forme de grand défilé. Il s’agit plutôt d’une grande "boom" dans le centre de Munich.
Comme ce jour marque également la fin du carnaval, il est de tradition dans plusieurs régions de brûler la poupée carnaval à minuit ( Nubbelverbrennung ) ou alors de l’enterrer.

Tradition du bal masqué en Autriche
Suite à des débordements (certains profitèrent de la période de carnaval pour se venger, voire assassiner un rival), l’impératrice Marie-Thérèse interdit à tous de porter un masque - et donc de se cacher le visage - à l’extérieur. C’est à partir de ce moment-là que les festivités se sont déplacées vers l’intérieur et la tradition des « Redoutes » (= Maskenball, bal masqué) fut née.

Narrenruf - le cri du carnaval
Il existe différentes façons de se saluer pendant le carnaval mais les salutations connues par tous sont :
- Alaaf ! - Kölle alaaf se dit à Cologne. Depuis 1823, c’est le cri officiel des fous de Cologne. A l’origine, cela se disait au moment de prendre un verre, pour trinquer et voulait dire alles weg (tout est parti).
- Helau ! - ce salut est utilisé dans tous les centres du carnaval et aurait été utilisé la première fois à Düsseldorf, puis introduit à Mayence. Il s’agirait d’une contraction de hell auf !.

Büttenreden
Le pouvoir officiel est remplacé par le règne du prince carnaval et sa princesse. L’ordre est inversé. Selon la tradition, le maire de la ville cède même les clés de la ville au couple de fous pendant cette période de carnaval.
L’occasion bien sûr pour ce nouveau pouvoir de tenir des discours. L’occasion aussi de se moquer des politiques. Un discours de ce type doit obligatoirement avoir des rimes. Le temps moderne dans lequel nous vivons facilite beaucoup les choses. Plusieurs dizaines de sites proposent des discours tout prêts (mais souvent payants !) .

Traditions locales
Blochziehen - dans le sud de l’Autriche. Les hommes célibataires transportent un tronc de conifère.
Scheibenschlagen - également en Autriche. On lance des disques de bois brûlant.
Aperschnalzen - localement, en Autriche et en Suisse. Tradition pour chasser l’hiver. Plusieurs groupes de 11 garçons s’affrontent entre le Jour de l’An et le mardi gras lors d’un concours de fouet. Il s’agit de réussir le plus joli bruit avec un fouet long de cinq mètres.

Dans les pays hispanophones

- L’enterrement de la sardine est une cérémonie qui annonce, en Espagne, la fin des carnavals et autres fêtes populaires. Ces enterrements prennent souvent la forme d’un défilé carnavalesque qui parodie un cortège funèbre. La sardine finit brulée sur un bûcher purificateur. L’enterrement de la sardine a lieu le mercredi des Cendres.

- Le carnaval du taureau à Ciudad Rodrigo, Espagne.
Considéré par beaucoup comme un des plus anciens car un document de l’époque des Rois Catholiques, datée de 1493, critique les dépenses excessives effectuées par la ville pour les corridas. Ce carnaval est le seul monde qui regroupe le masque et le taureau.

- Le Carnaval du Diable de Riosucio en Colombie se déroule tous les deux ans, les années impaires, du 5 au 10 Janvier.
Deux villages qui s’affrontaient depuis plus d’un siècle se réunirent pendant la fête des Rois Mages de 1847 pour signer un accord de paix, à l’initiative des deux prêtres de chaque village. Le diable est le gardien de cette paix, pour rappeler aux villageois la parole donnée aux prêtres. C’est un diable métis qui correspond à un syncrétisme culturel dont l’image réunit certains éléments du diable judéo-chrétien, mais qui n’est pas lié à la signification conceptuelle du mal.

En Russie

Aujourd’hui, il est encore de coutume de se déguiser pour fêter le réveillon, mais le grand carnaval correspond à la fête du Mardi gras – Maslenitsa.
Maslenitsa est la fête la plus joyeuse et la plus longue de tout le calendrier : les festivités durent toute une semaine ! Occultée pendant la période soviétique, cette fête connaît un nouvel engouement depuis quelques années, avec la renaissance de l’intérêt des Russes pour leurs coutumes et traditions.

Maslenitsa est célébrée durant la dernière semaine avant le grand caréme dans toutes les villes. Elle est indissociable des crépes au beurre (maslo) que l’on mange toute la semaine.

On organise aussi des promenades en troïka, on construit des montagnes de glace (montagnes russes) que petits et grands dévalent sur des luges. Il y des chants et des danses traditionnels, des rondes, des spectacles de marionnettes avec le personnage célèbre de Petrouchka. Les garçons et les jeunes hommes font preuve de leur force en participant à des luttes ou des concours divers, comme par exemple grimper sur un mat recouvert de glace pour décrocher le présent qui y est fixé. On construit également des forteresses de glace qu’assiègent les équipes des attaquants tandis les défenseurs essaient de les protéger.

La fête s’achève avec le défilé du carnaval.
Les premiers défilés étaient instaurés par Pierre le Grand en 1722 qui a fait alors passer dans les rues de Moscou toute la flotte russe montée sur des traîneaux. L’empereur lui-même se tenait sur un grand navire qui tirait des salves de ses canons, l’impératrice le suivait dans une gondole dorée. Le cortège était accompagné de riazhényé représentant des Turcs, des Espagnols, des arlequins, des dragons et des animaux.

A Moscou, le défilé a lieu tous les ans depuis 2002. Il traverse les rues principales de la capitale. Le cortège est composé d’acrobates et de jongleurs, de personnages de contes, de fanfares et percussionnistes, de tsiganes, de chanteurs et danseurs, de clowns et de marionnettes géantes. Mais le personnage principal du défilé est un épouvantail – Maslenitsa – qui représente l’hiver. Il est traditionnellement brûlé à la fin des festivités, on jette aussi dans le feu les objets symbolisant tout ce dont on veut se débarrasser, ou simplement des bouts de papier sur lesquels sont inscrites ces choses indésirables. La fête est clôturée par un grand feu d’artifice.
On demande aussi pardon à tous les proches pour toutes les offenses qu’on ait pu commettre à leur égard, d’ailleurs ce dernier jour de festivités porte le nom du dimanche du Pardon (prochtchionoïé voskressénié).

Au Brésil

Bien avant le début officiel des festivités, des bals pré-carnavalesques dans les clubs et des défilés dans les rues se mettent en place ; des groupes de percussionistes défilent alors accompagnés de personnes déguisées. Ces bandas ou blocos sont formés par les habitants d’un quartier de la ville.

Lors du carnaval, les différentes écoles de samba entrent en lice. Les écoles de samba portent souvent le nom du quartier où elles sont nées, très souvent des quartiers populaires ou des favelas. Les plus célèbres sont Mangueira, Salgueiro, Império Serrano, Portela et Beija-Flor (vainqueur en 2011). Chaque école choisit un thème pour son défilé (l’enredo). Les thèmes abordés sont très divers : politique, histoire, géographie, vision du futur… Des personnalités connues, du cinéma, de la chanson, du sport ou autres, sont invitées à défiler sur les chars allégoriques.

Comme pour un championnat de football, les écoles de samba de Rio sont classées par “divisions”. Les groupes A, B et spécial ont le privilège de défiler dans le “Sambodrome”, tandis que les autres groupes (C à E) défilent dans les rues de la ville. Ces ensembles réunissent souvent plus de 1000 participants. Le dimanche soir est réservé aux meilleurs, ceux du groupe A. Le sambodrome est flanqué de tribunes réservées au public et mesure 800 mètres de long. Des juges postés à différents endroits du sambodrome notent le défilé : les meilleures écoles sont promues au groupe supérieur et les moins bien classées sont dégradées. Avoir un bon classement représente un enjeu important pour l’Ecole, car les prix en argent permettent de subventionner le défilé de l’année suivante. Les écoles les plus riches présentant les allégories et les costumes les plus luxueux sont souvent celles qui obtiennent les meilleurs classements. Le défilée du groupe A commence à la tombée de la nuit et se termine le lundi matin et est retransmis en direct dans tout le pays et dans beaucoup d’autres pays du monde.

Le style musical dominant des écoles de samba à Rio (mais aussi dans les autres villes) est la samba (en portugais, o samba, car il s’agit d’un rytme et non pas d’une danse). Le frevo, rythme joué par un orchestre de cuivres, est le style dominant dans l’Etat de Pernambuco. Dans l’état de Bahia, la foule danse dans la rue accompagnée par les trios elétricos, orchestres composés de guitares électriques, batterie et cuivres placés sur des camions, qui viennent animer le carnaval et font danser la population sur les rythmes les plus fous. Dans les bals, on danse les marchas, rythmes binaires et enjoués, ainsi que la samba.

Bien que le carnaval soit une passion nationale, surtout chez les jeunes, nombreux sont les brésiliens qui profitent de ce long weekend de l’été pour se reposer à la campagne, à la montagne où aller bronzer sur les plages de sable fin.

En Italie

En Italie plusieurs fêtes de Carnaval sont très connues, dans différentes régions. Voici quelques fêtes plus importantes et quelques liens.

Le Carnaval de Venise
Certainement le plus fameux en Italie, il remonte au Moyen Age, période où Venise fête sa victoire contre Aquileia le jeudi gras : distribution gratuite de viande, spectacles d’acrobates, feux d’artifice et le Vol de l’Ange sur la place saint Marc. Officialisé en 1296, Mardi gras devient le jour de fête.

Le Carnaval se déroule alors entre le 26 décembre et le mercredi des Cendres. Mais le Carnaval à Venise peut durer plus longtemps : en 1638 à Venise est inauguré un espace pour le jeu de hasard, le Ridotto. A partir de cette année, le Carnaval s’étend et il commence à partir du mois d’octobre. Venise devient la ville du Carnaval et une attraction touristique pour l’Europe entière.

Pendant cette période à Venise on avait le droit de circuler masqué, avec la « bauta  », un masque blanc qui pouvait être porté par les hommes et par les femmes, avec un tricorne noir et une petite cape noire qui permettaient de cacher l’identité de la personne.

Le Carnaval a été par la suite interdit dans la ville. Sa tradition a repris en 1970 : les spectacles dans la ville sont ceux de la tradition du Moyen Age, les masques reprennent en partie la tradition du XVIII siècle, en partie il s’agit de masques créatifs. La ville devient une immense scène pour marcher, se déguiser et admirer les déguisements, assister à des spectacles, à des concerts, à des événements…

Les chars allégoriques de Viareggio e Putignano
A Viareggio, en Toscane, la tradition satirique est née vers 1873, les premiers chars représentant des personnages contemporains et des situations comiques en papier mâché sont réalisés en 1925. Le masque de Burlamacco est inventé, c’est le roi du Carnaval de Viareggio.

A Putignano, dans le sud de l’Italie et à Acireale, en Sicile sont préparés aussi des défilés de chars allégoriques. Le Carnaval a une tradition ancienne, qui remonte au Moyen Age.

Le Carnaval de Ivrea et la bataille des oranges
Le Carnaval de Ivea, au Piémont, remonte à 1808. Il est connu pour son défilé historique, qui évoque les batailles avec l’armée française, dominé par le personnage de la « Vezzosa mugnaia  », la jolie paysanne, et ensuite par la bataille des oranges, « la battaglia delle arance  », organisée entre des équipes d’habitants de la ville, ceux qui se trouvent sur des chars remplis d’oranges et ceux qui forment les groupes qui surveillent les paces. Le carnaval se déroulent ainsi dans toute la ville.

Le carnaval de Mamoiada en Sardaigne
_Ce Carnaval est un des événements les plus célèbre du folklore sarde : on peut voir défiler les Mamuthones, qui portent des masques en bois, des gilets en peau de mouton et des quantités de cloches pour les animaux et marchent d’un pas saccadé, pour faire sonner les cloches. Ils sont accompagnés par des hommes en costume de berger, qui attrapent avec des cordes des personnes qui assistent au défilé et qui doivent payer à boire s’ils veulent être délivrés.

Suite et fin du dossier : idées d’activités et projets à faire avec les élèves

Retour vers le sommaire du dossier

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)